HUMACCHUCO du 5/7 au 7/7

08.07.2006 | HUMACCHUCO du 5/7 au 7/7

Aujourd’hui, nous vous présentons Rosa, la femme ; Froilan, son mari ; Nancy la sœur du mari, Alvaro et Alegario, les 2 fils et Emilio le grand père. Ce sont nos hôtes pour 3 jours au sein d’une association pour le tourisme équitable, découvert par Mathilde et Julien, nos 2 français de rencontre, qui nous précédent sur la route maintenant et qui nous indiquent par internet, les bons plans et les galères à éviter. C’est très pratique. D’ailleurs, nous attendons incessamment leur note pour les frais d’agence… Les 2 autres personnes sur la photo, on ne vous les présente plus, quant au cochon qui pend (el chancho), j’entends déjà vos commentaires, non ce n’est pas moi, je suis derrière l’appareil photo. Le cochon lui, finira en partie dans nos assiettes et le reste vendu au marché local.
Pour arriver dans notre famille d’accueil, nous prenons un mini bus de Huaraz, dans lequel nous sommes déjà 15 au départ, ce qui nous paraissait être complet. Loin s’en faut, à l’arrêt suivant 2 femmes montent encore avec bagages et enfants dans les bras. Et à chaque arrêt supplémentaire, on se dit que plus personne ne peut monter, que nenni, on se tasse de plus en plus, les bagages passent par-dessus les têtes pour combler les trous entre les jambes, je les ai déjà dans le menton. Florian est sur les genoux de Sophie et une autre femme serrée contre elle a son gosse également sur les genoux. Une moitié des gens est debout le dos courbé, faute de hauteur de plafond, leur tête au-dessus de la nôtre en nous soufflant leur haleine sans état d’âme. Le côté pratique, c‘est que, dans les virages, tout le monde reste droit sans se tenir. Et pourtant, les virages c’est quelque chose. On les aborde casimment sur 2 roues. Il faut dire que les amortisseurs ne sont pas fatigués, ils sont inexistants. Nous le savons, nous sommes assis au niveau des roues et je peux vous dire que maintenant nous avons le cul en béton ! « nous partîmes à 15, nous arrivâmes à 31, ah quel voyage ! » Le mot rentabilité existe aussi au Pérou ! Arrivés a Yungay 2 heures plus tard, nous nous extirpons du bus pour se déplier et nous comptons nos os et nos muscles pour vérifier s’ils sont complets. Nos sacs nous suivent par-dessus les têtes jusqu’au trottoir. Heureusement, nous avons laissé le plus gros de nos bagages en consigne à Huaraz.
Nous devons ensuite prendre un taxi pour arriver à Humacchuco, petit village de nos hôtes, perché dans la montagne à 3100m. où nous découvrons leur maison au milieu d’un champ. Le taxi nous abandonne et Rosa accourre pour nous accueillir comme le messie. Elle nous embrasse comme du bon pain, et forte comme un turc, elle veut porter tous nos sacs. Le reste de la famille arrive pour la suite du scénario et nous faire faire le tour du propriétaire. Notre chambre est spacieuse mais spartiate. La salle d’eau, un lavabo en ciment avec l’eau froide à côté du toilette qui n’est qu’une fosse recouverte d’un couvercle et quand on soulève ce dernier, un doux parfum aux essences subtiles se dégage. Ce qui nous engage plus tard à n’utiliser la salle d’eau que pour le strict nécessaire. En altitude, nous avons souvent le nez bouché, et nous y voyons là un avantage certain. Le plus dur en fait, c’est de bien viser sans poser son postérieur.
Après s’être installé, nous passons à table pour le déjeuner : 2 gros épis de mais bouillis accompagné de fromage local, avant de partir visiter l’école primaire du village. La maîtresse nous accueille dans sa classe, tandis que les élèves se lèvent comme un seul homme, et au garde à vous un rien militaire, accentué d’ailleurs par leur uniforme et grade. Cela enlève un peu de leur candeur. L’accueil n’en est pas moins chaleureux. Nous avons le droit à des chants en espagnol et en quechua. La maîtresse souhaite nous voir raconter notre pays et Sophie se transforme en prof des écoles, (pas trop pour ne pas avoir envie de faire grève !) pour expliquer les différences des us et coutumes des 2 pays. Puis nous faisons un jeu avec les enfants où nous courrons dans tous les sens dans la classe, le pied quoi !
Retour chez Rosa et Froilan, vers 1h30 et Rosa nous appelle :
-Vite venez manger c’est prêt !
- Comment ça manger ? on en sort !
- Non, c’était pour grignoter, maintenant c’est sérieux
-Hic !
Et nous voilà plantés devant une grosse assiette de soupe aux pâtes et juste quand on s’apprête à dire merci pour le repas, une autre grosse assiette de pomme de terre, riz et viande en sauce arrive. Alors moi, je déclare forfait, Sophie essaye un peu puis abandonne.
Le ventre plein, Sophie part faire une balade seul avec Froilan, (il a bien vu lui qu’elle avait des mensurations exceptionnelles !) pendant que moi je me dévoue à garder Florian pour la sieste…Le soir, rebelote pour un gros repas ou nous devons hisser le drapeau blanc, si nous ne voulons pas ressortir en roulant !
Et après, dodo de bonne heure, n’ayant rien à faire de mieux. Nous pensions que la maîtresse de maison avait fait les lits, mais en fait ils étaient déjà faits, c’est-à-dire 3 couvertures sur le matelas et rien d’autre. Bon on se glisse là-dessous et c’est un peu rêche. Là, on s’aperçoit que le matelas est super mince et que les lattes du lit sont espacées de 30 cm, ce qui fait qu’après une nuit presque blanche à me tourner et retourner, j’ai le dos comme une tôle ondulée. Avec toutes ces transformations de corps, je ne sais pas si vous allez nous reconnaître ?

02:50 Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Et Frolian, dans sa famille, ils l´appelent YanYan aussi ?
:)

Ecrit par : El Julio | 10.07.2006

Ils vous ont pris pour un corps diplomatique à l'école ( Sophie tu sais ce que c'est un corps toi!!)?. Vous êtes reçu comme des rois!! (jusqu'au toilettes!!)
J'éspère que ton genou, Marc va mieux et que tu vas pouvoir continuer ce merveilleux voyage entier! Bon alors vivement quand même un bon lit moelleux et douillet!?!
Pleins de gros bisous et bonne continuation!

Ecrit par : cathy venant | 12.07.2006

C'est toujours aussi cool de vous lire.
Quel talent côté prose!
Je crois que vous n'aurez rien à retoucher avant de publier votre livre. Ce serait même dommage de toucher un brin à cet élan naturel...

Bisous et à bientôt.

Ecrit par : Natacha | 17.07.2006

Ecrire un commentaire