24.07.2006 | Riobamba-Alausi
Loja, première ville à nous accueillir en Equateur. Nous y débarquons à 5h du mat au lieu de 7h. Le chauffeur n’a pas décollé le pied du plancher, il devait avoir un rendez-vous galant. Du coup, la correspondance pour un petit village aperçu dans le guide n’était pas avant 2h et fatigués d’avoir été ballotté par ce Fangio du bus, nous nous sommes écroulés dans une chambre d’hôtel déjà du double du prix du pays d’avant. L’Equateur est passé au dollar depuis début 2000 pour endiguer l’inflation galopante et comme pour le passage à l’euro, les prix ont flambé, pas terrible pour le tourisme. À midi, nous émergeons pour aller grignoter et comme il n’y a rien à faire dans le coin nous optons pour un départ immédiat pour Cuenca plus au nord, toujours par la panaméricaine.
2 jours passés à Cuenca ne nous emballe pas plus que ça et nous remontons vers Alausi et là, notre première panne qui nous avait été épargnée miraculeusement jusque-là, se produit : nous cassons un cardan. Et hop, tout le monde dehors sur le bas coté et 1 h d’attente pour le bus de dépannage. Quand celui-ci arrive déjà presque plein, tout le monde se précipite dedans à qui mieux mieux. Sophie arrive malgré tout à trouver une place avec Florian , et comme je veillais au transbordement des bagages, je me retrouve debout pour une bonne partie du voyage, en m’efforçant tant bien que mal de garder mon équilibre. À un arrêt, une place se libère, je m’y écroule, mais une femme monte avec un bébé dans les bras et tout le monde fait semblant de dormir ou regarde ailleurs. Le civisme n’est pas de mise ici. Seul mon regard croise le sien et hop de nouveau debout, le pied quoi !
Alausi est un village perdu aux rues désertiques où nous avons l’impression d’être les seuls touristes. Nous dégotons une chambre un peu sordide, sans fenêtre, mais le choix est limité. Une bonne douche devrait nous requinquer après toutes ces heures de bus, me dis-je, mais en sortant de la douche, je veux attraper du pied ma tongue qui était un peu plus loin et ziiiiiiiip, je glisse sur le carrelage et me retrouve les 5 fers en l’air. Sophie alertée par le bruit, vient me relever en se retenant de rire devant le cocasse de la situation. Une bosse sur la tête, le coude gauche meurtri et 2 doigts de la main du même coté, foulés. Heureusement, les 4 autres membres n’ont rien, dieu merci !
Le lendemain, au réveil, nous découvrons Alausi complètement transformé : de village mort, il est passé en 1 jour à un village digne des plus grandes fêtes du pays.
En fait, Alausi est célèbre pour son train pittoresque qui faisait autrefois Quito-Guayaquil, emprunté jadis par l’écrivain, Paul Théroux et immortalisé dans son livre « Patagonie express », cher à Papa Jean (le grand père de Yanyan). Un tremblement de terre et un glissement de terrain ont eu raison d’une partie de la voie. Il ne persiste aujourd’hui que le trajet Alausi-Riobamba et 3 jours par semaine, 350 touristes débarquent d’un coup. Cette manne réveille l’activité commerciale du village du même coup et se rendort le jour suivant. Plus récemment, ce train à aussi été rendu célèbre par la pub de Nescafé « ta ta ta ta – ta ta ta ta ta ta », oui bon vous voyez quoi ? Malheureusement pour l’authenticité, la machine à vapeur, trop cher à l’entretien a été troquée par une locomotive diesel rachetée à la France. Nous faisons d’abord un petit aller et retour à la « Narine du Diable » dans une espèce de micheline, juchés sur le toit et assis en rangs d’oignons pour mieux côtoyer les précipices. Sensations garanties !
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